Le blog des chaussures à talon haut. Escarpins, sandales, plateformes … bas et collants … pour sculpter vos jambes !
"Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie." F. Truffaut
Talons OH, la boutique des talons hauts, cliquez ici

Ecrit par Jean Allary sur Notre lien quotidien.

 

Le talon aiguille est un type de chaussure inventé à la Renaissance, par Catherine de Médicis (fait improuvable, rendu crédible par le petite taille de la souveraine). Tantôt adoré ou décrié, il observe de bien curieux paradoxes.

 

Commençons par le point de vue de ses adorateurs (le plus souvent adoratrices mais ne soyons pas mesquins).

 

Le talon aiguille peut être lu comme un pur produit de l’humanisme. Sans militer ouvertement pour la parité homme/femme, le pouvoir symbolique qu’il produit sur les individus de sexe féminin tend à niveler les différences  physiologiques, ou lutter contre les remarques machistes façon Sacha Guitry :  »Le talon haut a été inventé par une femme qui en avait assez d’être embrassée sur le front ».

Si on lui adjoint le bas dont la couture constitue une ligne prolongeant la ligne dont le talon est le point de départ, il est indéniable qu’il allonge la silhouette et grandit la femme (inutile de préciser la charge ironique de cette allégation).

 

Le succès du talon aiguille au 20e siècle se fait en outre le témoin d’un phénomène nouveau : la libération de la femme. Cette dernière autorise les dames à prendre leurs aises vis-à-vis des conventions. Cependant, le talon aiguille ne leur est pas directement imposé. Elles le choisissent. En cela, il participe de leur émancipation et de leur liberté de jouir de leurs atouts à leur guise.

 

La femme Dior, séduisante et sensuelle, émancipée par sa tenue et son nouveau statut de bombe sexuelle, dicte ses lois aux hommes, les mènent à la baguette, devient maîtresse de son destin, voire prédatrice.

 

Du côté de ses détracteurs, les arguments ne manquent pas.

 

Premièrement, il impose son style et produit des douleurs à ses usagers lorsqu’ils repassent sur des semelles plates. Quelques jolis éléments de preuve sont disponibles ici. Les courtisanes de la cour royale peinaient d’ailleurs à se déplacer seule tant leurs souliers faisaient primer l’esthétisme sur la praticité.

 

Deuxièmement, le stiletto impose une démarche : tête haute, buste droit et poitrine bombée, fesses et ventres rentrées. Pour un outil quotidien, cela défie les lois de la fonctionnalité.

 

Troisièmement, le point le plus intéressant du talon aiguille provient sans doute de son pouvoir iconicisant.  Sa forme pointue modifie la silhouette de la femme, qui doit être lue et vue dans son ensemble pour être appréciée. L’image de la femme en talon devient un tout plutôt qu’une somme de membres disjoints (cette distinction classique/baroque est admirablement expliquée par Jean-Marie Floch dans Identités Visuelles) , façon croquis de créateur.

 

De fait, le talon aiguille est vraisemblablement né d’une utilité plastique : l’esthétique de la silhouette féminine. Cette conception figée et plastifiée de la silhouette laisse donc penser qu’une femme est plus belle en peinture qu’en pension, ou n’a pas d’autre vocation que de poser, inerte, comme un objet.

 

Pour aller plus loin, l’historienne de la mode Caroline Cox a dédié au talon aiguille un ouvrage : Talon Aiguille.

 

Ecrit par Jean Allary sur Notre lien quotidien.

Talons OH, la boutique des talons hauts, cliquez ici